Carnet de route d'un papa qui trouve quand même le temps de jouer aux jeux vidéos...
Une pluie battante frappe mon visage ...
Il pleut depuis plus d’une semaine. Quand cela va-t-il cesser ?
Elle ruisselle le long de mon visage, masquant les chaudes larmes qui y coulent.
Et dire que cette été il faisait chaud, il faisait beau, je jouais dans mon jardin, on riait, je vivais …
Maintenant une seule question se pose à moi, une question aussi tranchante qu’une lame de couteau, aussi implacable que cette pluie : Jusqu’où puis-je aller par amour ?
J’ai décidé de commencer cet article avec une petite introduction mettant en place l’atmosphère.
Ces quelques phrases sont venues à moi toutes seules une fois le jeu fini.
Heavy Rain, n’est pas un simple jeu, c’est une expérience. Et pour ma part c’est une expérience après laquelle je n’en suis pas sortit indemne.
Je ne parlerais ni de l’histoire, ni des personnages, ni de rien de tout ça, je ne veux pas vous spoiler, et, s’il vous plait, ne spoilez pas dans les commentaires (si je vois un spoil, je supprime). Je vous dis ça, car Heavy Rain doit se vivre à fond !
Bon, commençons par le début…
J’ai connus Heavy Rain il y a un peu plus d’un an lors d’un trailer où l’on voit une jeune femme rentrer dans une maison des plus glauque, faisant très largement pensé au film Se7en. A partir de là, elle se fait poursuivre par ce qu’on nommera le taxidermiste (cette scène n’est pas présente dans le jeu final, David Cage ayant fait ce trailer uniquement pour montrer l’idée de ce qu’il voulait faire).
Et là, ce jeu m’a vraiment attiré. Il semblait mature, très proche du cinéma, la mise en scène était très forte.
David Cage, présentait son jeu comme étant rempli de ramifications et de choix déterminant à faire. Et franchement je n’y ai pas vraiment cru. Cela fait des années qu’on nous promet un jeu exploitant ce genre de choix, et à part être très méchant ou très gentil, selon le nombre d’innocents tué, aucuns jeux auquel j’ai joué ne permettent vraiment de faire ça. Ou, au pire, les choix fait n’influencent que très peu (voir pas du tout) le scénario.
Mais vu la maturité de la présentation, j’ai voulus y croire.
Puis une deuxième vidéo est arrivée, et elle m’a refroidie. Pour la première fois on voyait réellement le gameplay uniquement à base de QTE. Et bon, là ce n’est pas ma tasse de thé.
Alors j’ai laissé le projet s’exposé, ayant lu des interviews de David Cage qui ne voulait rien présenté de son projet, je me suis déconnecté de ce jeu. Je ne voulais plus rien connaître, je savais au fond de moi que ce jeu pourrait être une bonne surprise, alors je ne voulais rien me spoiler.
Il y a quelques semaines, la démo est sortie. Et là c’est la claque !
Vous pouvez cliquer ici pour avoir mon avis sur la démo.
J’ai donc patiemment attendu le jour de la sortie (en fait j’ai réussi à le trouver un peu avant) et je me suis précipité sur ce jeu.
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| J'ai jamais aimé les clown ... | La modélisation des visages |
Et c’est à ce moment là que l’expérience commence…
Parlons un peu de ce gameplay qui créé la polémique :
Beaucoup penserons à première vue (et c’est justifié) que c’est juste un film interactif (un peu comme Dragon’s Lair ou les anciens jeux-filmé comme Phatasmagoria). Mais en fait pas vraiment.
Alors oui, la plupart des actions s’effectuent à partir de QTE, oui, ce n’est pas un GTA like ou vous pouvez vous balader dans une ville complètement ouverte …
Heavy Rain est minimaliste, il restreint le joueur pour mieux le guidé dans ses choix, pour qu’il ne se disperse pas. Chaque scène ressemble à un huit-clos, étouffant, prenant, mais fort !
Le gameplay est à l’identique. Nous sommes face à un jeu créant du huit-clos à la manette.
Dans chaque scène vous pourrez faire ce que bon vous semble, mais tout en restant dans une logique. Cette logique a deux leviers : vous et vos sentiments, et le scénario.
Alors pour les QTE, ils sont surtout présent lors des scènes d’actions, pour le reste je dirais que nous sommes plus dans de l’interactif. Mais chaque QTE est très logique (R1 pour le pied droit, L1 pour le gauche, triangle pour esquiver en hauteur, en haut pour pousser, en bas pour tirer, un quart de tour pour tourné …), le jeu exploite aussi les fonctionnalités de la manette sixaxis.
Alors ne vous arrêtez pas à ce terme, souvent péjoratif, de QTE. Heavy Rain reste un jeu interactif, et non contemplatif.
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| L'agent du FBI en pleine investigation | Le détective dans une scène commune : donner le biberon |
Je parlais des émotions. Elles feront partie du gameplay.
Bien souvent le jeu sera conditionné (plus ou moins fortement) par vos choix. Ces choix vous les ferez vous-même, en votre âme et conscience. Ils feront appels à vos propres sentiments.
On peut le dire, vous êtes le jeu.
Si vous entrez dans le jeu, vous ne jouerez pas à Heavy Rain, vous le vivrez.
J’ai vraiment ressentit le fait que je jouais avec mes trippes, certaines de mes actions (dont je ne peux parler) ont réellement été conditionnée par ma personnalité.
Je pense qu’en ajoutant un petit plug-in au jeu, on pourrait même analyser le profile psychologique du joueur, selon les actions qu’il effectue pendant une partie.
C’est ce qui fait qu’Heavy Rain est plus une expérience qu’un simple jeu, jamais un jeu ne nous avait demandé autant d’implication psychologique.
Parlons de technique maintenant.
Là on touche un peu au point faible de ce jeu.
Certes, Heavy Rain est beau, les filtres graphiques sont parfaitement maîtrisés.
La réalisation et la mise en scène sont exceptionnelles. Les effets de profondeur de champs sont magnifiques et permettent de mettre en valeur ce qui est important.
Mais, car il y a un mais, les bugs graphiques sont nombreux (et je ne suis pas le seul à les avoir subits), j’ai même eut le droit à un vilain freeze, m’obligeant à redémarrer la console. Apparemment ces bugs sont nombreux. J’ai eu le jeu un ou deux jours avant sa sortie, et un patch était déjà disponible (en général ça ne rassure pas).
Mais bon, ne boudons pas notre plaisir. Malgré ces quelques bugs et ces petits soucis techniques, le jeu reste superbe.
La modélisation et l’animation (à base de motion capture faites pas de vrais acteurs) et, par contre, réellement bluffante ! Les écrans de loading, nous permettent de voir la modélisation (de très près) du visage des persos, prenant des expressions qui leur sont propre, et c’est réellement magnifique ! Les yeux sont à tomber par terre !
Une installation est à prévoir sur le disque (bon, ça je n'aime pas trop), mais une surprise vous attends lors de celle-ci, je vous laisse découvir ...
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| En chamante compagnie ? | La pluie, l'un des personnage du jeu ... |
Enfin, la durée de vie d’une partie n’est pas exceptionnelle.
Comptez une dizaine d’heure de jeu. Mais il possède une grande re-jouabilité. Les différents scénarios à vivre étant très nombreux. La trame de base reste la même, mais pour une fois, les choix pris peuvent modifier complètement la manière d’arriver à la conclusion (une vingtaine de fins sont disponibles).
Heavy Rain créé un nouveau genre, et rien que pour le plaisir qu’il m’a procuré, il fait clairement partit de mes jeux préférés.
Il est le chainon manquant de deux de mes passions : le jeu vidéo et le cinéma.
Une très bonne question avait été posée à David Cage lors d’une interview (dans le dernier Joypad) : Pensez-vous qu’Heavy Rain est un ovni ou un nouveau genre ? David Cage préfère laisser le temps et les joueurs répondre à cette question. A mon avis Heavy Rain vient de créer un nouveau genre de jeu. Un genre que l’on attend depuis des années. Un jeu-émotion.
Heavy Rain est donc un jeu très mature. Il n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains. D’autant plus qu’il demandera beaucoup d’implication pour le joueur.
Il ne plaira pas à tous (soit on aime, soit on déteste). Mais si vous entrez vraiment dedans, pour peu que vous lui laissiez sa chance, vous pourrez passer un moment extraordinaire en compagnie de ce jeu.