Carnet de route d'un papa qui trouve quand même le temps de jouer aux jeux vidéos...
Un pas métallique se presse dans un couloir sombre ...
Un bruit qui vient de loin. Le pas ralenti, l'ambiance est plus lourde, plus moite...
Une griffe au bout de ce qui avait du être un bras puissant arrive par derrière, trop tard pour l'éviter.
La griffe s'enfonce dans le métal léger de l'armure. Le sang chaud coule ...
Un hurlement, un cri sans fin, de haine et de douleur ... Mais ...
Dans l'espace personne ne vous entend crier ...
Une petite introduction digne du film Alien, le 8eme passager, avec cette fameuse phrase qui nous avait fait trembler lors de la sortie du film : "Dans l'espace, personne ne vous entend crier", permet de résumer l'ambiance de Dead Space.
Dead Space est un jeu d'ambiance, ce n'est pas vraiment un jeu d'action, l'aventure est simple, mais un Survival Horror dans la plus pure tradition.
Attention, que l'on soit d'accord sur la définition du terme de Survival Horror, je ne parle pas de Resident Evil 5, à la limite de Resident Evil 1, mais pas plus... Je parle d'un style de jeu dans lequel vous devez survivre, entourer d'horreur qui n'en n'ont qu'après votre chair.
Dead Space est donc un jeu d'ambiance, il redéfini le genre du Survival Horror qui avait franchement perdu son identité ces dernières années. Pour jouer à Dead Space, il faut se mettre en condition : un éclairage minimum, et surtout, un casque. Pourquoi un casque, parce que Dead Space construit toute son ambiance sur le son. Je n'avais jamais vraiment accordé beaucoup d'importance aux sons dans un jeu (à part dans le premier Resident Evil, mais c'était pour repérer la présence de zombies), mais là, dès les premières minutes, vous comprenez que le son fait partie intégrante du jeu lui même. Des bruits métalliques, des bruits de grognements, des bruits provenant de l'espace, et, pour les passages les plus intenses, une petite musique appuyant le tout de manière très discrète.
Il m'est arrivé plus une fois de faire des bonds de 3m sur mon fauteuil lorsque je jouais à Dead Space, surtout quand ma femme arrive discrètement derrière moi pour me demandé un truc ... Crise cardiaque assurée !
Le scénario n'est pas exceptionnel. Digne d'un film d'horreur (il y a toujours un problème à résoudre...). Bien sur il y a toute la mise en place de l'univers, le coté ésotérique qui entoure les événements du jeu ... Mais je n'en dirais pas plus, de peur de vous spoiler quelques scènes qui sont franchement bien menées.
Le seul truc qui m'a vraiment posé problème dans ce jeu, c'est le manque de charisme du héros. Pour des raisons d'immersion, Visceral Games ne lui donne jamais la parole. Mais il ne bouge pas non plus lors des cut-scenes.
Bref, Isaac Clark est un légume ... Je ne pense pas que ce genre de choix soit judicieux.
Petit exemple qui spoile complètement une partie de la fin, ne lisez pas si vous n'y avez pas joué :
Isaac retrouve enfin sa femme lors de la fin du jeu, il la voit, mais reste stoïque devant elle, il ne bouge pas. Punaiz, j'aurais traversé toutes ces épreuves pour retrouver enfin ma femme, je lui aurais sauté dessus moi !!!
| |
| Les monstres arrivent de partout ... | Le fameux HUD intégré au jeu |
Parlons un peu de technique maintenant. Car l'ambiance c'est bien, mais si visuellement on n’y croit pas, ça ne marche pas.
Personnellement, lors de la présentation des premiers screens de ce jeu, le design de manière générale, ne me plaisait pas du tout. Je ne suis pas un grand fan de SF (Science Fiction), sauf certaines exceptions.
Je trouvais le design du héro et de son armure, un peu ... bof quoi.
C'est quoi ces plaques de métal rouillées alignées autour du perso ? Et cette lumière à la place du visage ... Bon pas terrible. C'est quoi ces monstres aussi communs, qui ressemblent à tous les "nécromorphes" de tant de jeu.
Bref, le jeu me semblait tout à fait banal ...
Et puis, en y jouant, on voit tout ce petit monde en mouvement, on remarque l'intégrité artistique du jeu, on comprend pourquoi les nécromorphes ont cette forme (pour mieux les découper mon enfant). Et là c'est un peu la claque.
Techniquement le jeu n'est évidement pas du calibre des derniers standards graphiques sortis. Mais ce qui est le plus important c'est que Dead Space a une véritable identité graphique, une vrai direction artistique, une imagerie qui lui est propre.
Regardez une image issue de Dead Space, vous savez que l'image vient de ce jeu. Une image issue du très bon Uncharted 2 ne dégage pas cette identité graphique.
Donc, oui techniquement on y croit.
Mais pas mal de bug 3D viennent nous faire sourire un peu (bon en jouant à Dead Space on en a besoin). Des fois ces bugs nous aident, j'ai réussi à tuer un nécromorphes à travers une porte, car il s'était fait avoir par la fermeture de celle-ci et il était bloqué dans la porte.
Bref, techniquement ce n'est évidement pas le jeu de l'année, mais ce jeu est tout de même sorti il y a plus d'un an et sa charte graphique est bluffante de cohérence.
Ce qui est vraiment très bon, techniquement dans ce jeu, c'est l'intégration complète des menus et du HUD (les informations du joueur) dans le jeu lui même. Pas de pause lors de l'accès aux menus (quand vous n'avez plus beaucoup de vie, vous devez fuir et vous mettre à l’abri pour pouvoir reprendre de l'énergie), pas de pause non plus lors de l'achat de votre équipement ou autre. Bref, vous n'êtes jamais à l’abri. Les informations générales du jeu (la vie du héros, son niveau de stase ...) son affichées sur son armure, ce qui permet une complète immersion.
Parlons un peu du nerf de la guerre pour un jeu : le gameplay.
Celui-ci est simple à prendre en main, car très basique. Il s'inspire des standards du TPS (Third Person Shooter) et améliore ce que même Resident Evil 5 n'a pas réussi à faire (le déplacement en mode visé).
Vous avez donc une visée au dessus de l'épaule, 4 armes disponibles (à choisir parmi 8) via les slots disponibles sur la croix directionnelle. Un tir basique et un tir secondaire par arme.
Vous possédez aussi 2 pouvoirs : La stase permettant de ralentir le temps sur un objet ou un monstre et le module PK permettant d'utiliser la télékinésie sur des objets. Simple et efficace, bien qu'on se trompe souvent de boutons entre les 2 (pas cool, la stase étant en quantité limitée).
Il est possible de stoker certains objets dans un "coffre" et vous êtes limités sur ce que vous pouvez porter sur vous. Bref, on pense évidement à Resident Evil. Et surtout au 4, avec la possibilité de faire évoluer vos armes et votre armure via des points de force.
Comme je vous le disais, du très basique. C'est un peu la marque de fabrique de Visceral Games, prendre un gameplay connu (éventuellement l'améliorer), pour pouvoir proposer une aventure unique sur laquelle on va pouvoir se concentrer. Il suffit d'essayer leur prochain jeu : Dante's Inferno copie de God of War.
Mais l'univers de Dead Space propose d’autres phases de gameplay permettant un peu de variété. Espace oblige, vous aurez accès à des phases d'apesanteur (avec la possibilité de marcher sur les murs et de se projeter de mur en mur) et des phases dans l'espace avec une limitation sur l'oxygène (très stressantes, surtout quand une dizaine de monstres vous poursuivent).
Le gameplay est donc simple mais très riche. Le vrai bon point de ce jeu.
L'excuse du réalisateur de Resident Evil 5 pour son mauvais gameplay, avait été de dire que sont gameplay augmentait la pression du joueur. Dead Space n'a franchement pas besoin de ça pour mettre la pression. Fausse excuse donc.
| |
| Les phases d'apesanteur où les corps volent ... Beurk | Une sortie dans l'espace |
Vous l'aurez compris, le plus important dans Dead Space c'est cette ambiance. Mais elle peut représenter un certain défaut.
En effet, vous devez vraiment vous mettre en condition pour jouer. Et vous n'aurez pas toujours le "courage" de vous faire une petite partie de Dead Space. Il n'y a pas de "petites" parties d'ailleurs avec ce jeu, il n'y a que des moments forts et intenses.
Ca peut être dérangeant, et c'est ce qui a fait que j'ai mis beaucoup de temps à finir ce jeu.
Cela dis, comparé aux derniers jeux du même style sorti sur nos consoles HD, la durée de vie de Dead Space est très honorable (environ 12 à 13h de jeux).
Cette fameuse ambiance peu donc être un moteur comme être un frein.
Car Dead Space fait peur, mais pas seulement, il met une pression constante au joueur.
Cela devrait être corrigé dans Dead Space 2 qui devrait proposer des phases d’actions plus directes, mais du coup, j'ai bien peur qu'il perde ce qui faisait sa différence face aux autres jeux. Un peu comme le passage de Resident Evil 1 à Resident Evil 2 qui commençait déjà à devenir plus orienté action ...
Vous l'aurez compris, Dead Space est une pépite qui se déguste.
L'un de mes jeu préféré (à n'en pas douter), le fait de l'avoir fini avant "Les jeux de papa Awards" me complique grandement la tâche ... J'ai adoré jouer à ce jeu, malgré certains défauts, dont le fait qu'il mette vraiment une trop grande pression au joueur. Pression réellement constante. Dans Dead Space il n'y a pas, ou peu, de moments où on se dit ... Bon là c'est tranquille ...
Donc, si vous aimez avoir peur, si vous avez aimé jouer à Resident Evil premier du nom, si pour vous le survival horror est un genre en perdition qui vous manque, n'hésitez plus une seule seconde. En plus il est sorti il y a plus d'un an, ce ne sera pas dur de le trouver à pas cher.